samedi 4 juillet 2009
Le journal sans encre ni papier.Gratuit
   GROUPE FOLKLORIQUE DE DOMFRONT   
 
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La Fédération Folklorique Normandie Maine a sorti un livre qui s'intitule
COIFFES ET COSTUMES DES PAYS NORMANDS".
au prix de 15.90€ Editions Ouest-France
Bourgeois - Bourgeoise - Paysan - Paysanne

BOURGEOISE DU DOMFRONTAIS milieu du XIXème

Comme l'a si bien écrit René Vézard, un Domfrontais passionné du folklore, le costume a symbolisé l'âme de notre petit pays prédestiné, la coëffe l'a poétisé. Elle lui a donné une couleur régionale, locale, une note de suprême élégance en harmonie avec les poiriers et les pommiers.

La coëffe

Partie la plus distinctive et la plus éblouissante du costume normand, la coëffe donnait à nos paysannes et bourgeoises une si grande tournure, comme un signe d'une beauté enchanteresse. Descendant du «hennin» médiéval, elle est une réalisation émouvante du labeur et du goût des artisanes du temps passé.

Les femmes des classes inférieures portaient des coëffes dont la forme était différente selon les paroisses. Quant à celles d'un rang social élevé, leur coëffe était plus onéreuse du fait qu'on y ajoutait des ornements.

La coëffe du Domfrontais est montée sur un tour conique ou hennin de sparterie bleue (tissu grossier à base de végétal) afin de faire ressortir le blanc de la coëffe en mousseline ou en tulle ainsi que les broderies, doublé de blanc à l'intérieur. Un large ruban de velours noir est posé sur le devant pour éviter de salir la coëffe par les manipulations et la sécrétion du cuir chevelu.

Ce tour conique forme l'armature intérieure à la façon d'un cornet rigide en étoffe raide, attachée par des fils de laiton recouverts de fils blancs, destinés à la maintenir fermée et à bien encadrer la tête. Parfois, un ruban de velours noir appelé «gorgère» passé sous le menton, était destiné à retenir la coëffe en cas de vent. A la lisière des deux oreilles partent des armatures, de l'ampleur des ailes de la coëffe, consolidées par des points de fils de place en place afin de maintenir la forme.

La coëffe est surmontée d'une sorte de houppe arrondie en tulle brodé au point de Beauvais exécuté à la main formant des arabesques de fleurettes et de branchage; travail nécessitant un talent artistique et une patience à toute épreuve. Un rococo de soie enjolive la «passe». Le devant de la coëffe est agrémenté d'une épingle en or style «pensée». A la base de la houppe, est fixé un joli noeud dont les deux longs pans ornent l'arrière de la coëffe jusqu'à la nuque, entre les ailes déployées. Des épingles à tête d'or ou nacrée en forme de boules fixaient la coëffe au cône et contribuaient à l'assujettir sur la tête.

Deux volants bordés de dentelles aux fuseaux en valenciennes forment les ailes, les dressent parallèles sur les côtés du hennin, et s'écartent à l'arrière laissant apercevoir les cheveux dressés en chignon. Elles sont formées par des fins plissés, plats et serrés évoquant les pennes des ailes des colombes, puis se prolongent en courbes douces pour remonter vers l'arrière près du sommet du hennin. Vers la nuque, les ailes sont rapprochées, non réunies. La dentelle qui orne les coëffes est une dentelle aux fuseaux, technique venue des Flandres dès le XVIème siècle et répandue en Normandie vers 1662 par Colbert.

La robe

La robe est composée d'un corsage et d'une jupe en droguet, à petites rayures longitudinales alternées de bleu, de noir, de rouge, de violet foncé et de marron qui était la couleur dominante. Cet ensemble est non doublé, agréable à l'oeil, pratique et inusable. Le droguet était principalement confectionné dans les régions d'Argentan, de Vire, de Saint Lô et de Valognes. En saison chaude, la robe en cotonnade ou siamoise (chaîne de lin et trame de coton) était également rayée. En général, la robe est peu décolletée. L'encolure est ornée de dentelles aux fuseaux amidonnées et tuyautées. Les manches sont trois quarts l'été, ornées de dentelles comme l'encolure. L'hiver, les manches sont longues, froncées près des épaules, rétrécies aux poignets, tenues fermées par des melles avec des boutons de nacre. La robe pouvait être enjolivée d'une belle collerette brodée au point de Beauvais et garnie de valenciennes.

Le corsage est doublé d'un corselet ou corset de toile blanche, très rigide grâce à de longues baleines. Il est lacé. Ce corselet est réuni au corsage, par sa base, à la jupe.

Quant à la jupe, elle arrive au trois-quart du mollet. Serrée à la taille, elle est froncée en «plis débout» sur l'arrière et plis plats sur le devant et se termine par un pli religieux à huit centimètres environ de la base. Lors des grossesses, les plis à l'arrière étaient défaits. Parfois le devant de la jupe était d'un coloris différent, plus foncé qui correspondait à un morceau de tissu rapporté afin d'économiser sans doute le droguet, précaution bien normande.

Le polisson donne aux hanches plus de rondeur, plus d'amplitude aux formes. Il est recouvert d'une toile et est retenu à la taille par un filet sous la jupe en arrière.

Le jupon et la culotte

Le jupon est en toile fine, blanche ornée le plus souvent de trois volants froncés agrémentés de dentelles aux fuseaux ou brodés main, soulignés d'un ruban de satin offrant des petits noeuds. Dans la couture de coté, se trouve une poche destinée à y déposer son argent. Quant à la culotte, elle est fendue et assortie au jupon.

Châle et fichu de mariage

Très répandu à cette époque, plus ou moins grand, à franges ou non, le châle est tissé en indienne, en cretonne, en soie ou en toile. Il était imprimé, pour les moins luxueux, de motifs décoratifs, le plus souvent à thème de couleurs vives ou foncées. Quant aux châles des femmes de classe supérieure, ils étaient brochés de fleurs. Le fichu de mariage était en baptiste ou tulle blanc et brodé au point de Beauvais.

Afin de permettre la liberté des mouvements, le châle se pose en formant un double pli plat sur le pourtour des épaules ainsi qu'un pli creux sur l'arrière retenu par une broche en or. D'autre part, une épingle discrète le fixe aussi sur chacune des épaules et une autre pour les embouts du châle qui est cachée sous la bavette du tablier.

Le châle tapis

Il était en cachemire, aux couleurs très variées. On le posait en triangle sur les épaules, retenu sur le devant par une belle boucle ou agrafe en argent ou métal de luxe.

Le tablier

Le tablier ou encore le devantier ou le devanteau est en taffetas moiré «gorge de pigeon», soie chatoyante ou satin, de couleurs variées: vieux rouge, violet prune, bleu lavande, marron noisette, vert sapin, gris ardoise, jaune bouton d'or, bleu nuit. Froncé à la ceinture ou plis plats, il est souvent agrémenté d'un large ruban de velours noir posé à cinq ou six centimètres du bas. Parfois, il existait une poche. La bavette était plus ou moins large attachée au corsage par deux épingles à tête de nacre.

Manteaux, mantelets, mantes ou capots

Les femmes s'en servaient pour se protéger de la pluie et du froid. C'était un manteau de drap aux couleurs foncées, uni ou avec des petits motifs, doublé de flanelle ou de satin blanc. Il était surmonté autour du cou d'un collet (grande capuche), bordé tout du long d'une bande plissée du même tissu. Il existait en trois longueurs selon les saisons : court, trois - quart long et long.

Les mitaines

Sorte de gants ne couvrant au maximum que la première phalange des doigts, les mitaines sont crochetées ou tricotées dans un fin fil de coton en point fantaisie.

Les bas

Les bal sont en fil blanc ou en laine selon la saison, parfois ajourés de points fantaisies.

Les chaussures

Elles sont fines en cuir noir, souvent agrémentées d'une boucle argentée avec des perles fixées sur le dessus.

Les bijoux

Ils sont avec la coëffe un des plus beaux atours du costume normand.

Le quadrille de Saint Lô est en argent ou en or creux, gracieux, léger. Il était fort répandu à la campagne parfois surmonté d'un coeur fleuri. Le tout était suspendu à un ruban étroit de velours noir, entourant le cou.

Le Saint Esprit, en argent ou en or, comprend deux parties l'une fixe et l'autre mobile, les deux réunies par une agrafe et suspendues au cou par un étroit ruban de velours noir. Une colombe plane aux ailes déployées représentative du Saint Esprit, emblème de la douceur et de l'amour. Le corps entier de la colombe scintille des feux des strass plus ou moins gros qui sont parfois de couleur rouge, verte ou bleue.

Le collier dit esclavage est composé de plusieurs chaînes ou jaserons et de trois médaillons ovales en or gravé ou émaillé. A chaque nouvelle naissance, la mère faisait ajouter une chaîne supplémentaire.

Fleuronnée, ajourée et dentelée, la croix normande est formée de 5 petites pierres, dites strass en verre incolore, taillées à la façon diamantaire sur un fond de nervures étoilées dont le pied est mobile. Un crochet dissimulé derrière le sommet de la croix permet de passer un étroit ruban de velours noir. La croix normande est une véritable dentelle de joaillerie constellée d'un cachet artistique original et harmonieux.

Le parapluie

Accessoire très utile dans notre région, le parapluie servait aussi à protéger les coëffes si fragiles. Il était très vaste, en toile bleue ou rouge éclatant, au manche court dont l'extrémité recourbé est garni par de la corne ou du métal argenté ou cuivré. Les baleines sont en jonc.

Le Trou Normand de Domfront